Nom latin : Dendroctonus ponderosae Hopkins
Nom français :
Dendroctone du pin ponderosa
Nom anglais :
Mountain pine beetle
Ordre :
Coleoptera
Famille :
Curculionidae
Hôte(s) principal(aux)
pin, pin albicaule, pin ponderosa, pin tordu latifolié
Informations sur le ou les hôtes
Les hôtes indigènes incluent le pin tordu (Pinus contorta), le pin ponderosa (Pinus ponderosae), le pin à blanche écorce (Pinus albicaulis) et le pin flexible (Pinus flexilis). Certaines espèces de pins exotiques sont également vulnérables. Occasionnellement, des espèces non-hôtes comme l’épinette d’Engelmann (Picea engelmannii) sont attaquées, mais les populations du ravageur ne persistent pas sur ces hôtes occasionnels. Le pin gris convient fort probablement au dendroctone du pin ponderosa.
Micro-habitat(s)
Écorce, Tronc
Distribution
Ouest du Canada
Informations sur la distribution
Le dendroctone du pin ponderosa est présent dans la plupart des régions de la Colombie-Britannique. Dans les provinces des Prairies, le ravageur est actuellement confiné aux contreforts de l’ouest de l’Alberta, au sud-est de l’Alberta et au sud-ouest de la Saskatchewan.
Dommages, symptômes et biologie
En début d’infestation, la détection des arbres attaqués par le dendroctone du pin ponderosa est possible uniquement à partir du sol et l’identification des symptômes nécessite un examen minutieux des arbres. Les arbres infestés se reconnaissent à l’aspect de leur cime et à divers symptômes externes, mais pour identifier le ravageur de façon certaine et confirmer le succès d’une attaque, il faut regarder sous l’écorce des arbres.
Lorsque ses populations (à l'état endémique) sont faibles, le dendroctone du pin ponderosa survit dans les arbres affaiblis ou agressés. À mesure que ses populations augmentent ou que davantage d’arbres sont agressés par la sécheresse ou d’autres facteurs, les populations du dendroctone peuvent pulluler et se propager. Des arbres en santé sont alors attaqués, et de vastes superficies de pins mûrs risquent d’être menacées ou détruites. Les étés chauds et les hivers doux favorisent à la fois la survie des insectes ainsi que la poursuite et l’intensification d'une infestation. À l’inverse, des conditions climatiques rigoureuses (- 40 °C durant l’hiver ou vents violents durant la période de dispersion) peuvent réduire les populations du dendroctone et en ralentir la propagation; il faut toutefois savoir que les insectes peuvent se rétablir rapidement et s’attaquer de nouveau à des forêts par ailleurs en bonne santé.
La progression de l’infestation actuelle était prévisible, étant donné les hivers relativement doux qu’on connaît depuis le milieu des années 80 et les conditions climatiques estivales généralement favorables (au développement du dendroctone du pin ponderosa). Il est probable que ce foyer persistera tant qu’un début d'hiver froid ne viendra pas détruire les larves hivernantes. De fait, ce sont les deux automnes consécutifs anormalement froids de 1984 et 1985 qui ont provoqué l’effondrement de l’infestation de Cariboo-Chilcotin; en effet, durant ces deux années, les températures se sont maintenues entre -30 et -40 °C tôt durant la saison.
Sur le tronc, les signes externes d’une infestation sont la présence : i) de tubes de résine aux endroits où les dendroctones ont pénétré dans l’hôte; ii) de sciure de forage à la base de l’hôte.
Entre la mi-juillet et le début septembre, les accumulations de résine ou de sciure sont très visibles autour des trous d’entrée forés dans l’écorce par les adultes. La sciure est vite emportée par le vent ou lavée par la pluie, mais les nombreux tubes de résine peuvent persister plus d’un an après l’attaque. Les tubes de résine peuvent cependant être beaucoup moins évidents si l’hôte a subi un stress hydrique important avant d’être attaqué. Durant l’automne et l’hiver suivant l’attaque, les pics explorent le tronc des arbres infestés à la recherche de scolytes et d’autres insectes perceurs du bois. Les arbres ainsi visités sont faciles à reconnaître à la grande quantité d’écorce arrachée, dont les fragments s’accumulent à la base du tronc. Sous l’écorce des arbres infestés, on peut apercevoir des galeries de ponte, des galeries d’alimentation larvaire ainsi qu’un ou plusieurs stades du ravageur (œufs, larves, nymphes, adultes), selon le temps écoulé depuis l’attaque. Les galeries de ponte mesurent 10 à 41 cm de longueur (28 cm en moyenne) et sont orientées dans l’axe de la tige, avec un court tronçon recourbé ou en biais. La coloration bleu grisâtre de l’aubier est causée par la colonisation des cellules parenchymateuses des rayons par des champignons du bleuissement propagés par les adultes. Cette coloration est un symptôme facile à détecter peu de temps après une attaque réussie. Les mycéliums et les diverses structures reproductrices (corémies, périthèces, etc.) des champignons du bleuissement et d’autres champignons sont souvent visibles dans les galeries et les loges nymphales du ravageur.
Le feuillage des arbres atteints commence à se dessécher dès que l’apport d’eau vers le haut de l’arbre est interrompu. Ainsi privé d’eau, il vire graduellement de vert brillant à vert terne. Au niveau de la portion inférieure de la cime, ce symptôme précoce est souvent visible deux ou trois mois après l’attaque initiale. Toutefois, des changements de coloration plus prononcés se produisent au cours du printemps suivant l’attaque, au début de la saison de croissance. Avec le temps, la décoloration des aiguilles qui ne sont pas encore tombées se confirme et la plupart des aiguilles tombent au cours de la deuxième ou troisième année suivant l’attaque initiale. La rapidité avec laquelle ces symptômes se manifestent varie selon les espèces attaquées et les conditions météorologiques. Ces changements rapides et distincts de coloration servent de fondement à l’établissement du calendrier des sorties de cartographie aérienne des arbres récemment attaqués.
Le cycle vital du dendroctone du pin ponderosa dure normalement un an. À la fin de l’été, les adultes émergent des arbres dans lesquels ils se sont nourris et développés et partent à la recherche d’un arbre sain. Une fois cet hôte trouvé, il s’y enfonce à la recherche d’un partenaire. Les femelles déposent leurs œufs dans des galeries verticales qu’elles ont forées immédiatement sous l’écorce. Les larves issues de ces œufs se nourrissent sous l’écorce durant l’hiver. Les adultes de cette nouvelle génération émergent entre juillet et septembre.
Une étape clé de ce cycle est la transmission du coléoptère à l’hôte d’un champignon responsable du bleuissement du bois. Les spores du champignon, transmis à l’arbre au moment de l’attaque, finissent par neutraliser le système de défense de l’hôte et sa capacité de se défendre contre le ravageur.
Adulte : cylindrique, 3,7 à 7,5 mm de longueur, de couleur crème-havane au stade ténéral, il devient noir à maturité.
Œuf : blanc perle, environ 1 mm de longueur. Les œufs sont déposés individuellement dans des niches grugées par la femelle de chaque côté de la galerie parentale.
Larve : blanche avec la tête brun-rouge, apode, mesurant environ 5 mm de longueur au quatrième et dernier stade.
Nymphe : blanche au début, virant progressivement au brun pâle, mesurant environ 5 mm de longueur. Les structures externes de l’adulte sont déjà bien visibles.
Les arbres atteints peuvent être détectés du haut des airs dès la fin du printemps (mais plus généralement au milieu de l’été) de l’année suivant l’attaque. Leurs aiguilles virant au jaunâtre puis au brun rougeâtre à la fin de l’été, ces arbres sont faciles à détecter. Toutefois, lorsque ces symptômes deviennent manifestes, le ravageur a souvent déjà migré vers d’autres arbres. Les relevés demeurent toutefois fort utiles pour détecter les peuplements susceptibles d’être infestés. La découverte de petits îlots de pins à la cime rougie devrait être suivie d’une inspection au sol visant à déterminer l’origine du phénomène. Si la présence du dentroctone du pin ponderosa est confirmée, il peut être utile d’organiser des relevés au sol en vue de détecter la présence d’arbres récemment attaqués dans les secteurs avoisinants.
La mort des arbres infestés est due à l’action combinée du dendroctone du pin ponderosa et des champignons du bleuissement du bois (Ascomycètes) qui lui sont associés. Les adultes transportent les spores du champignon vers les nouveaux arbres dans un sac spécialisé, le mycangium, situé dans la région buccale. On croit que ces champignons bloquent la circulation de l’eau dans le tronc et tuent ainsi les arbres infectés.
Le dendroctone du pin ponderosa compte de nombreux ennemis naturels (insectes prédateurs, parasitoïdes, pics, etc.), mais ces derniers n’ont pas un impact suffisant pour réprimer efficacement les nouvelles populations et les infestations.
L.S. Unger, RNCan, SCF, Centre de foresterie du Pacifique, Victoria (Colombie-Britannique)
D.W. Langor, RNCan, SCF, Centre de foresterie du Nord, Edmonton (Alberta)
Pour en apprendre d'avantage :
http://bookstore.cfs.nrcan.gc.ca/detail_f.php?recid=34252
http://mpb.cfs.nrcan.gc.ca/index_f.html
http://scf.rncan.gc.ca/soussite/dpp/home-accueil
http://www.pfc.cfs.nrcan.gc.ca/entomology/pests/bc/mpb_f.html
Forest.forward.moving beyond the pine beetle: http://mpb.cfs.nrcan.gc.ca/index_e.html / Forêts.futur.au-delà du dendroctone : http://mpb.cfs.nrcan.gc.ca/index_f.html
Forest Health Network archives pest data for British Columbia-mountain pine beetle: http://www.pfc.cfs.nrcan.gc.ca/entomology/pests/bc/mpb_e.html / Archives du Réseau sur la santé des forêts concernant les ravageurs en Colombie-Britannique – Dendroctone du pin ponderosa : http://www.pfc.cfs.nrcan.gc.ca/entomology/pests/bc/mpb_f.html
Langor, D.W. 2003. Dendroctone du pin ponderosa. Ressour. nat. Can., Serv. can. for., Cent. for. Nord, Edmonton (Alberta). Dépliant for. 36. http://bookstore.cfs.nrcan.gc.ca/detail_f.php?Catalog=22594 Langor, D.W. 2003. Mountain pine beetle. Nat. Resour. Can., Can. For. Serv., Northern For. Cent., Edmonton, AB. For. Leafl. 36.
http://bookstore.cfs.nrcan.gc.ca/detail_e.php?recid=48465
Mountain pine beetle: http://cfs.nrcan.gc.ca/subsite/mpb/home-accueil / Dendroctone du pin ponderosa : http://scf.rncan.gc.ca/soussite/dpp/home-accueil
Mountain pine beetle effects on stand dynamics: http://cfs.nrcan.gc.ca/subsite/stand/home-accueil / Effets des pullulations du dendroctone du pin ponderosa sur la dynamique des peuplements : http://scf.rncan.gc.ca/soussite/peuplement/home-accueil
Mountain pine beetle predicted overwintering mortality maps: http://cfs.nrcan.gc.ca/subsite/mpb-mortality/home / Cartes de la mortalité hivernale prévue du dendroctone du pin ponderosa : http://scf.rncan.gc.ca/soussite/dpp-mortalite
Régnière, J. 2007. Le dendroctone du pin : penser stratégie. Ressour. nat. Can., Serv. can. for., Cent. for. Laurentides, Québec (Québec). L’Éclaircie Numéro 38. 2 p.
http://bookstore.cfs.nrcan.gc.ca/detail_f.php?catalog=28133
Régnière, J. 2007. Thinking strategically to outsmart the mountain pine beetle. Nat. Resour. Can., Can. For. Serv., Laurentian For. Cent., Quebec, QC. Branching out Number 38. 2 p.
http://bookstore.cfs.nrcan.gc.ca/detail_e.php?catalog=28134
Unger, L.S. 1993. Mountain pine beetle. Revised 2006. For. Can., Pac. For.Cent., Victoria, BC. For. Pest Leafl. 76.
http://bookstore.cfs.nrcan.gc.ca/detail_f.php?recid=34252